Histoire récente de La Source
2022–2026
Renforcer sa contribution et inscrire son évolution dans la durée
La Source renforce l’attractivité des soins infirmiers, développe les parcours postgrades et intensifie la recherche en réponse aux transformations du système de santé. Les dispositifs pédagogiques évoluent pour répondre aux besoins des professionnel·les et de la société, notamment avec le développement de formats plus flexibles.
Le lancement des microcertifications, en partenariat avec la HEIG‑VD, introduit des formations courtes, cumulables et certifiantes, permettant des parcours personnalisés. La recherche et l’innovation occupent une place centrale dans cette dynamique, inscrivant l’évolution de l’institution dans la durée.
2020-2021
La pandémie met en visibilité les compétences infirmières
En 2020, face à la pandémie de COVID‑19, la formation se réinvente rapidement grâce à des dispositifs pédagogiques hybrides, portés par une forte mobilisation institutionnelle et l’engagement des étudiantes et étudiants sur les terrains de pratique.
Le site de Beaulieu est mobilisé pour accueillir un centre de vaccination contre la COVID‑19, placé sous la responsabilité du canton de Vaud (État‑major cantonal de conduite), avec le soutien médical et opérationnel du CHUV et de la Clinique de La Source. L'École y contribue activement aux côtés d’autres partenaires.
Le 28 novembre 2021, l’initiative "Pour des soins infirmiers forts" est acceptée par le peuple et les cantons, marquant une reconnaissance forte du rôle des infirmières dans le système de santé. Les enjeux d’attractivité de la profession infirmière deviennent centraux, en lien avec cette évolution et les besoins du système de santé.
2018 – 2019
Ouverture du site de Beaulieu: un hôpital simulé au cœur des apprentissages
En septembre 2018, l’Institut et Haute École de la Santé La Source inaugure son nouveau site à Beaulieu, conçu comme un environnement intégré au service des étudiant·es pré et post gradué·es, du personnel et de l'interprofessionnalité. Le site comprend un Hôpital simulé, permettant de reproduire des situations cliniques complexes dans des conditions proches du réel, ainsi que des salles de simulation spécialisées, des espaces d’apprentissage modulables, des bureaux, des lieux de vie et un espace social favorisant les échanges.
Il accueille également des dispositifs stratégiques tels que le SILAB (Source Innovation Lab), dédié à l’expérimentation et à l’innovation, et le senior-lab, consacré au bien vieillir et à la recherche participative avec les personnes âgées.
Ce nouvel environnement incarne une approche intégrée combinant formation de niveau initial et postgrade, recherche et prestations, dans une logique de proximité avec les réalités des terrains de pratique.
2017-2018
Déployer des projets en réponse aux enjeux de société
En 2017, La Source s’engage dans le projet transfrontalier Autonomie 2020, visant à développer des solutions innovantes pour soutenir l’autonomie des personnes âgées, en collaboration avec des partenaires français et suisses. La même année, l’institution renforce ses partenariats avec le terrain (notamment avec Vitalab Vaud) et développe des initiatives favorisant l’interprofessionnalité.
Le projet Alter Ego aboutit à la création d’un portail innovant dédié à la prévention et à la détection de la maltraitance envers les personnes âgées, illustrant l’engagement sociétal de La Source.
En 2018, plusieurs projets emblématiques renforcent ce positionnement. Premièrement, le déploiement de la réalité virtuelle (projet avec UbiSim) pour former les étudiant·es dans des environnements immersifs sécurisés. Et deuxièmement, le lancement du senior-lab, dispositif interdisciplinaire consacré au bien vieillir, réunissant recherche, terrain et participation d'une communauté de seniors.
2014–2016
Faire évoluer les pratiques par l’innovation
L’innovation pédagogique devient un axe structurant avec la mise en place d’un hôpital simulé "Le Seb" dans le quartier de Sébeillon, ainsi que des outils immersifs. Les technologies de simulation et les approches interprofessionnelles transforment les méthodes d’apprentissage. La recherche appliquée se renforce en lien avec les besoins du terrain.
2010–2013
Développer les savoirs et les parcours
La Source développe ses formations postgrades et intensifie ses activités de recherche. En 2013, le premier CAS en évaluation clinique infirmière de Suisse illustre cette montée en spécialisation. L’institution affirme sa contribution à l’évolution des pratiques infirmières et du système de santé.
2006–2009
Affirmer la reconnaissance académique de la profession
La transition vers les standards européens (processus de Bologne) structure les programmes. En 2009, l’introduction du Bachelor of Science HES‑SO en Soins infirmiers à 180 crédits ECTS officialise le niveau tertiaire et renforce la reconnaissance nationale de la profession.
2002–2005
Inscrire durablement La Source dans le paysage tertiaire
L’intégration de la filière des soins infirmiers en 2002 au sein de la HES‑SO inscrit l’Institut et Haute École de la Santé La Source dans le paysage tertiaire suisse et renforce son positionnement académique. Le diplôme délivré par la Croix‑Rouge suisse laisse place au Bachelor of Science en soins infirmiers, en cohérence avec le processus de Bologne et la reconnaissance internationale des titres.
Cette évolution répond à une demande croissante en personnel qualifié et à la complexification des besoins du système de santé. Nous adaptons nos cursus et développons nos activités de recherche et de prestations en lien avec ces enjeux.
L'évolution des locaux
Vinet (depuis 1867)
Sébeillon (2012-2018)
Beaulieu (depuis 2018)
Histoire passée
De sa création jusqu'à la fin du 20e siècle
4 novembre 1859
Ouverture de l'École
L’École ouvre ses portes le 4 novembre 1859, sous le nom d’École normale de garde-malades, grâce à l’initiative de la comtesse Valérie de Gasparin et de son mari Agénor. Contrairement à Florence Nightingale, Valérie de Gasparin ne pratique pas les soins infirmiers. Sa préoccupation est, avant tout, de professionnaliser les soignantes qui sont alors d’obédience religieuse. Il s’agit désormais de former des professionnelles qui devront être non seulement compétentes et rémunérées, mais aussi libres d’exercer en leur âme et conscience, en toute indépendance d’esprit.
Ni para-religieuse, ni para-médicale, l’École est cependant marquée par les pasteurs de l’Église Libre vaudoise qui sont à sa tête durant les 30 premières années, ainsi que par les médecins qui y enseignent, avec l’appui plus tard des "monitrices".
Avec d’abord une formation sur quatre à cinq mois, le démarrage est modeste et très progressif. À cette époque, la notion de garde-malade est inconnue de la population.
1882
Plus de 200 professionnelles actives
Malgré la concurrence des diaconesses de Saint-Loup, historiquement établies aussi bien dans l’instruction que sur le terrain hospitalier, en 1882 on recense déjà 203 professionnelles actives, issues de La Source, sur les 295 formées jusqu’alors.
1890
Création de la Fondation La Source
Pour assurer la pérennité de l’École, Valérie de Gasparin créé en 1890 la Fondation La Source. Elle installe cette fondation de la villa La Source, à Lausanne, et la dote de fonds en suffisance. Dès 1891, s’ouvrent également un dispensaire et une clinique dite "de Beaulieu", qui deviendra plus tard la Clinique de La Source. Alors que Florence Nightingale fait de l’École une annexe de l’hôpital, Valérie de Gasparin souhaite une école qui dispose d’un hôpital pour annexe. Les statuts de la Fondation précisent que l’École demeure indépendante de toute institution hospitalière. Le Dr Charles Krafft, pionnier de l’appendicectomie, est nommé directeur de l’École, sous l’impulsion du Dr César Roux, membre du conseil de fondation.
Fin du 19e siècle
Augmentation de la durée de la formation
Dès 1895, la durée de la formation passe à huit mois, puis à la fin du 19e siècle, à trois ans dont deux de stage. En 1896, Dr Krafft s’oppose au pasteur Roehrich au congrès suisse des intérêts féminins, tenu à Genève, en rappelant que la garde-malade doit recevoir une instruction scientifique et non pas une éducation centrée sur la stricte obéissance au médecin.
Début et milieu du 20e siècle
Le tournant
Le concept d’une formation d’infirmières laïques commence à s’étendre en Suisse avec la création de l’école du Lindenhof à Berne (1899) et de la Pflegerinnenschule à Zurich (1901).
Dès 1910, la profession infirmière évolue et s’affranchit de la tutelle du corps médical à travers des structures associatives propres, fusionnées au sein de l’ASI en 1978.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Sourciennes s’engagent dans des ambulances de guerre, comme celle d’Alexis Carrel à Compiègne, proche du front militaire. Entre 1939-1945, elles seront 600 à être mobilisées.
De 1923 à 1999, les programmes de formation sont contrôlés et agréés par la Croix-Rouge suisse, dont l’École est l’antenne romande pour la formation des infirmières.
En 1929, La Source met en place une formation post diplôme pour les infirmières de santé publique, qui sera suivie en 1991 de la formation aux pratiques interdisciplinaires en géronto-gériatrie. Depuis les années 1950, La Source a élargi le champ des formations selon l’évolution des spécialités médicales, tout en s’orientant vers les sciences humaines et sociales.
1976
La Source accueille son premier étudiant masculin.
Les années 1990
Les années 1990 voient arriver des enseignant·es issus de formations supérieures et la création d’une Unité de recherche et développement (URD). Il s’agit de produire un savoir spécifique qui ne soit pas le "niveau inférieur ou résiduel d’un savoir dominant". L’avènement des sciences infirmières, nées en Amérique du Nord, préparent La Source à l’enseignement universitaire à venir, avec des programmes pensés et gérés par les infirmiers et infirmières.
L’Institut La Source
Les missions autres que celles conférées par le statut de HES sont confiées à l’Institut La Source, créé à Paris en 2000, puis transféré à Lausanne en 2007. Il constitue la partie privée de l’École. Son attention se porte sur le réseautage local et international, les relations avec la Croix-Rouge suisse, ainsi que sur l’animation de l’antenne européenne du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF) dont La Source est cofondatrice avec l’Ordre des infirmières du Québec.
Jacques Chapuis (directeur de 2006 à 2022) est membre de l’Assemblée suprême du Comité international de la Croix-Rouge depuis 2012.
Les directeurs et directrices de La Source
Véronique de Goumoëns
ad-interim depuis 2026
Stéphane Cosandey
2022 - 2026
Jacques Chapuis
2006 - 2022
Christiane Augsburger
1988 - 2005
Et avant...
Micheline Boyer (1926-2003): 1977 à 1988
Charlotte von Allmen (1922-2010): 1964 à 1977
Gertrude Augsburger (1901-1994): 1952 à 1964
Pierre Jaccard (1901-1979): 1940 à 1952
Maurice Vuilleumier (1881-1940): 1922 à 1940
Charles Krafft (1863-1921): de 1891 à 1921
Antoine Reymond (1824-1908): de 1863 à 1890
Jean Panchaud (1822-1862): de 1862 à 1863
Albert Müller (1811-1878): de 1859 à 1862